Nous chargeons votre contenu !

Type de recherche

Au port autonome de Liège, le trafic global tout mode confondu a progressé et les conteneurs atteignent un nouveau record en 2018. L’optimisme est de mise pour l’avenir avec des projets notamment pour développer le ferroviaire sur les différents sites portuaires. Et à noter dès maintenant dans les agendas : Liège accueillera le salon Riverdating en novembre 2019.

Avec un trafic global tout mode confondu de 21,3 Mt en 2018, soit une croissance de +1,3 % comparativement à 2017, le port autonome de Liège affiche un résultat positif pour l’année passée et sa meilleure performance depuis 5 ans.

Liège performe alors que le trafic fluvial global en Wallonie a enregistré un léger tassement de -1,4 % pour un total de 41,54 Mt en 2018 et malgré un deuxième semestre compliqué avec une baisse historique du niveau du Rhin et des restrictions de navigation. « Selon les estimations, entre 250 000 et 300 000 t ont été perdues pour la voie d’eau à cause des basses eaux. Nous sommes à la recherche de solutions notamment ferroviaires au cas où une telle situation se renouvellerait à l’avenir », a indiqué Emile-Louis Bertrand, directeur général du port autonome de Liège, lors de la conférence annuelle du port le 20 février 2019.

Sur le total global, la voie d’eau apparaît prépondérante avec près de 16 Mt (+0,1 %), ce qui signifie que 75 % des trafics manutentionnés sur les diverses zones portuaires de Liège transitent par ce mode. La route représente 3,8 Mt, le rail 1,51 Mt. Par catégorie de marchandises, les produits minéraux non métalliques restent le secteur prépondérant dans les trafics portuaires liégeois, avec 38 % des échanges, suivis des produits pétroliers (21 %) et des charbons (10 %).

L’année 2018 apparaît aussi largement positive à Liège pour les conteneurs qui atteignent un record à 85 521 EVP pour les trois terminaux de Renory, Monsin et Trilogiport, l’essor est de +15 % par rapport à 2017. « De nouveaux trafics vont émerger dans les mois à venir », selon Emile-Louis Bertrand pour lequel le joint-venture entre les intervenants des terminaux liégeois LCT et Trilogiport annoncé en novembre 2018 constitue un signal positif. L’optimisme est donc de mise en termes de perspective.

Sur le plan financier, le chiffre d’affaires s’établit à 4,51 M€ (+2,6 %). Le complexe portuaire liégeois représente, selon la Banque nationale de Belgique, 7 753 emplois directs et 10 962 emplois indirects générés par l’ensemble des entreprises concessionnaires du port. Celui-ci demeure ainsi un levier de développement socio-économique important pour la région. Willy Demeyer, président du port autonome de Liège, a relevé : « Nous retrouvons les volumes de 2008 alors que nous avons subi la fermeture de la phase à chaud avec la disparition des transports de produits sidérurgiques, de combustibles solides et de minerais. Nous constatons la réalité de la diversification vers des produits à haute valeur ajoutée transportées par la voie d’eau. Les tonnages de l’année 2018 représentent une économie de près de 800 000 camions sur nos routes ».

Des projets ferroviaires

Emile-Louis Bertrand a rappelé que 2019 marque la fin du contrat de gestion des ports autonomes wallons adopté par le gouvernement en 2015. Il s’agissait d’une manière d’uniformiser la gestion des quatre ports wallons soit Liège, Namur, du Centre et de l’Ouest, Charleroi. Le bilan de ce contrat est positif : les trafics portuaires liégeois « voie d’eau » ont augmenté de 9 % « grâce aux efforts importants consentis par le port et l’ensemble des entreprises concessionnaires portuaires au cours de ces dernières années en termes d’innovation pour engendrer de nouveaux trafics : conteneurs, palettes, terres polluées, etc. Grâce à une gestion financière performante, le port autonome de Liège est assuré de dégager des fonds nécessaires pour mener une politique d’investissements sans devoir recourir à l’emprunt ».

Cela tombe bien car les projets pour l’avenir sont nombreux, notamment pour redynamiser le fret ferroviaire sur les différents sites portuaires de Liège. « L’objectif avec le ferroviaire est de lutter contre la congestion portuaire dans les ports maritimes et de pallier les basses eaux du Rhin », a souligné Emile-Louis Bertrand. La désignation d’un opérateur ferroviaire de proximité est envisagée.

Afin d’assurer l’accès ferroviaire à Liège Trilogiport, des travaux ont été récemment finalisés : le pont ferroviaire métallique situé sur la ligne 214 à hauteur du canal de jonction entre la Meuse et le canal Albert a été remis en état. L’étape suivante à Trilogiport consiste en des travaux d’aménagement au niveau des voies ferrées sur le site lui-même qui vont être réalisés au cours de cette année 2019. Le coût s’élève à 800 000 €.

Sur le site de Chertal, la réhabilitation d’une voie ferrée est effective depuis janvier 2019. Les travaux ont été menés par le Service public de Wallonie et se chiffrent à environ 530 000 € HT

Sur le site de Monsin, un nouveau schéma directeur a été négocié avec Infrabel afin de répondre à une demande des ports maritimes qui envisagent un recours accru au rail pour diminuer la congestion. Dans ce cadre, le port autonome de Liège a également voulu offrir une solution immédiate aux problèmes rencontrés avec les basses eaux du Rhin en modifiant sans attendre le schéma ferroviaire de Monsin pour permettre notamment à la société Terval d’être mieux reliée avec l’Allemagne par le rail. Le port autonome de liège collabore avec différents organismes au niveau de la région pour donner une place plus importante au rail et fournir aux entreprises « une logistique multimodale performante ».

Comme autre projet de beaucoup plus long terme, il y a la transformation du site de Chertal, l’un des rares sites de la région liégeoise qui propose des terrains disponibles situés au bord de la voie d’eau, une fois qu’ils auront été dépollués. « Chertal sera l’un des poumons économiques de la région liégeoise et même de la Wallonie à l’avenir », a assuré Willy Demeyer. Le site pourrait être développé en deux parties : les terrains bord à voie d’eau seraient réservés à des activités portuaires, logistiques, fluviales, ceux plus éloignés seraient destinées à des activités économiques plus larges.

Tags: