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Croisières fluviales : la sécurité en question sur l’Escaut occidental

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Un accident sérieux a fait (re)naître des questions sur la sécurité des croisières fluviales sur l’Escaut occidental. Des voix s’élèvent pour réclamer le recours obligatoire à un pilote pour la traversée du fleuve par les bateaux de croisière fluviale avec de nombreux passagers à bord.

Dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2019, un peu après minuit, une collision s’est produite sur l’Escaut occidental, à hauteur du port de Terneuzen. Le Viking Idun, un bateau de croisière fluviale suisse en route d’Anvers vers Gand, a percuté le Chemical Marketer, un citernier battant pavillon maltais chargé de produits comme du benzène et qui remontait l’Escaut en direction d’Anvers. Une enquête a été ouverte sur les causes de l’accident.

Les photos donnent une idée de la violence de la collision, qui toutefois a surtout provoqué des dégâts matériels. Le flanc babord du chimiquier a été lacéré et la proue du bateau de croisière fluviale a été sérieusement emboutie. A bord du bateau de croisière, se trouvaient 171 passagers et 43 membres d’équipages. Comme à cette heure tardive, la plupart d’entre eux étaient déjà couchés, il n’y a eu que quelques blessés légers. Mais si les rôles avaient été inversés, le citernier heurtant le flanc du bateau de croisière, les conséquences auraient sans doute été nettement plus graves.

Emoi et débat

La collision a soulevé un grand émoi et relancé le débat sur la sécurité des croisières fluviales sur l’Escaut occidental, avec son trafic très intense et très mélangé -des dizaines de milliers de navires, unités fluviales, bateaux de plaisance… s’y côtoient chaque année- ses courants parfois dangereux, le jeu très prononcé des marées qui font apparaître ou disparaître des bancs de sable. Des caractéristiques qui n’empêchent pas l’Escaut occidental d’avoir le statut de voie d’eau intérieure.

De l’avis de nombreux observateurs, l’accident illustre les risques que courent les bateaux de croisière fluviale sur ce qui est davantage un bras de mer qu’une rivière, d’autant que la taille de ces unités va croissant et que leurs parties vitrées deviennent de plus en plus grandes… et plus proches de la ligne de flottaison. Certains sont allés jusqu’à réclamer l’obligation pour ces unités de prendre à bord un pilote lors de leur passage sur le fleuve.

Des bateaux de croisière « vulnérables »

Le hasard veut qu’à peine quelques jours plus tôt, la Commission de l’Escaut, au sein de laquelle la Flandre et les Pays-Bas se retrouvent pour gérer la navigation sur le fleuve, avait annoncé la publication d’un dépliant visant à informer plus amplement les capitaines et propriétaires de bateaux de croisière fluviale des particularités de l’Escaut occidental et des règles à respecter pour garantir la sécurité. Il y était notamment souligné que ces bateaux « constituent un groupe vulnérable en raison de leur construction et de leur nombre élevé de passagers ».

En additionnant allers et retours, quelque 600 passages de bateaux de croisière fluviale ont lieu actuellement chaque année sur l’Escaut occidental. Ces bateaux mettent principalement le cap vers Gand. La traversée de l’Escaut se fait très souvent de nuit.

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