« Les attentes à l’égard de Norlink sont nombreuses »

Partager sur linkedin
LinkedIn
Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur whatsapp
WhatsApp
Partager sur email
Email
Partager sur print
Print
Partager sur linkedin
LinkedIn
Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter

Entretien avec Philippe Hourdain, président de la Fédération Norlink et de la chambre de commerce et d’industrie de la région Hauts-de- France. Un article extrait du dossier spécial « axe Nord » du magazine juillet-août-septembre 2022 de NPI.

N.P.I : Que retenez-vous de 2022 ?

Philippe Hourdain : 2022 est, à mon sens, une année de rupture, durant laquelle nous sommes entrés dans ce que de nombreuses personnes appellent « le monde d’après ». Les problématiques d’approvisionnement, les hausses des coûts de l’énergie, la prise de conscience collective que le « changement clima- tique » est une réalité et qu’il faudra « décarboner » nos chaines logistiques, chacun de ces éléments ont, dès cette année, impacté les activités portuaires, logistiques et multimodales dans les Hauts-de-France.
Le port de Dunkerque a connu une croissance considérable des flux conteneurs, compte tenu du regain de compétitivité (accessibilité exceptionnelle, qualité des services portuaires, etc.) qu’a connu ce site économique.
Le port Boulogne-Calais et Getlink ont, quant à eux, su maintenir leurs trafics alors qu’ils étaient soumis à d’importants vents contraires liés notamment à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Les plateformes portuaires intérieures ont vu leurs trafics multimodaux croître de manière considérable, portés par des demandes d’entreprises toujours plus nombreuses. Nous observons un véritable regain d’intérêt pour l’usage des ports et de la multimodalité, augu- rant des évolutions très favorables pour ces activités ; comme en témoignent les nombreuses implantations et développements de sites « connectés aux ports et aux infrastructures de transport multi- modal », annoncés cette année (Verkor à Dunkerque, ACC à Douvrin, Envision à Douai, plan d’investissement d’Arcelor- Mittal à Dunkerque).

Associées à la réalisation de projets structurants, notamment le canal Seine Nord Europe, les Hauts-de-France semblent s’affirmer comme une région portuaire et logistique européenne de premier ordre.

N.P.I : Quelles ont été les actions de Norlink en 2022 ?

P.H. : Si je devais retenir au cours de cette année un nombre restreint de projets et d’initiatives de la Fédération Norlink, je dirais, tout d’abord, notre travail sur le numérique. Un groupe de chercheurs a été mandaté pour travailler sur ce sujet hautement complexe, mais essentiel pour la compétitivité portuaire et logis- tique des Hauts-de-France. Les résultats de ce travail laissent entrevoir d’immenses opportunités à la condition toutefois de « savoir travailler davantage ensemble ». J’ai ainsi proposé de lancer un dispositif de mise en cohérence des dispositifs « numériques » au travers d’une gouvernance « numérique » commune pour les acteurs volontaires, portuaires, logistiques et multimodaux.

La deuxième action qui me vient à l’esprit porte sur les travaux relatifs à la constitution de la Cité internationale de la Logistique, un projet porté par la CCI et la composante logistique de la Fédération Norlink, à savoir le pôle d’excellence Euralogistic. Il s’agit, ni plus ni moins, de construire, dans les Hauts-de-France, le lieu dans lequel se concevra et se développera la logistique de demain, la « Green Logistic ». Mes ambitions à l’égard de ce projet sont considérables avec une livraison d’une première phase en 2024.

N.P.I : Où en est la phase 2 de Norlink ?

P.H. : Et bien, c’est parti ! La Fédération Norlink a lancé opérationnellement cet exercice avec :

  • la mise en œuvre d’une évolution culturelle, en inscrivant le client, qu’il s’agisse du chargeur, de l’opérateur maritime, ou encore du commissionnaire, au cœur de cette dynamique de projet ;
  • le pilotage d’ambitions transverses sur le canal Seine Nord et sur les transitions économiques et écologiques (REV3) ;
  • des actions à caractère opérationnel notamment : la constitution d’une gouvernance « numérique », dans la lignée de l’exercice précédemment indiqué, la mise en synergie des ressources en matière de promotion et développement commercial, le lancement d’une initiative de développement de la batellerie dans les Hauts-de-France.

Ce changement culturel, ces ambitions transverses ainsi que ces projets opérationnels couvrent l’ensemble des champs clés pour faire des Hauts-de-France le hub portuaire, logistique et multimodal du nord de l’Europe de l’Ouest. Ainsi et par la mise en œuvre opérationnelle de l’ensemble de ces actions, la Fédération Norlink passera ce cap majeur et nécessaire pour atteindre cette ambition.

N.P.I : Pouvez-vous revenir plus précisément sur ce que fait Norlink pour la batellerie ?
P.H. : Près de 170 000 euros de prêts à taux zéro ont déjà été alloués cette année et il reste encore un comité d’agrément à tenir. C’est un record pour nous. La demande est là. Certains des dossiers déjà validés ont d’ailleurs profité des conditions bonifiées spécifiques pour les projets d’amélioration énergétiques.

Ce dispositif de prêts, portés par Norlink Fluvial, sera bien évidemment développé puisqu’il contribue à l’essor de la batellerie dans Hauts-de-France, un sujet hautement stratégique sur ce territoire compte tenu de la mise en service à venir du canal Seine-Nord Europe à la fin de la décennie.

Toutefois, et dans le cadre de la dynamique Norlink 2, nous avons fait le choix de changer de braquet sur ce volet. La cible au travers des prêts alloués par Norlink Fluvial se révèle être l’artisan- batelier ayant comme moyen de transport de « petites » unités. Dans le cadre de cette réflexion Norlink 2, nous voulons ouvrir notre spectre d’intervention à de nouveaux acteurs (groupes bancaires ou industriels) pour la mise en œuvre de projet d’unité de grande envergure, pour ainsi construire une flotte en mesure de valoriser économiquement le canal Seine-Nord Europe.

Cette nouvelle démarche se fera en complément de l’activité actuelle (prêt à des bateliers) qui va bien évidemment continuer.

N.P.I : La Fédération Norlink est souvent citée en exemple pour sa démarche collective, qu’est-ce que cela vous inspire ?

P.H. : Une certaine fierté, une grande responsabilité ! Le travail mené au cours de ces dernières années a été considérable, mais le chemin à parcourir l’est tout autant.

Les attentes à l’égard de Norlink sont nombreuses, et cela signifie une responsabilité nouvelle en matière de développement d’emplois, et de territoire sur l’ensemble des Hauts-de-France.

Nous sommes aujourd’hui très attendus pour être le moteur d’opportunité nouvelle et de transformation économique dans le monde portuaire, logistique et multimodal.

La réussite de cette démarche est la conséquence, selon moi, de notre méthode et de différents facteurs propres aux Hauts-de-France.

Nous avons privilégié les initiatives existantes, en rassemblant les porteurs de projets portuaires, logistiques et multimodaux : Norlink Ports, Norlink Ferroviaire (ex-2A2F), Norlink Fluvial (ex-Consortium Fluvial) Euralogistic, Club des chargeurs Hauts-de-France. Chacune des composantes de la Fédération Norlink disposait de réseaux, de soutiens politiques, de moyens financiers, d’historique de projets, et de thématiques de travail différentes, mais aussi complémentaires.

L’ensemble des briques de la Fédération Norlink était à notre disposition, et regroupait toutes les composantes et tous les acteurs de la supply chain: des gestionnaires d’infrastructures en passant par les opérateurs de transports, aux clients. Il nous restait cependant cette mission complexe de rassembler l’ensemble de ces partenaires. Et c’est peut-être là où se trouvait le deuxième facteur de la réussite de cette dynamique : une culture du travail en commun propre aux Hauts-de-France. Norlink s’est forgée sur l’acceptation de tous que la désunion des acteurs n’aboutirait à rien. Ainsi, et dès le départ de cette dynamique, qu’il s’agisse de la CCI, du port de Dunkerque, de l’État, de la région, de VNF et de SNCF Réseau, et de l’ensemble des entreprises de ce secteur, tous ont répondu présent. Et c’est à partir de ce moment que tout est apparu possible, et que nous avons pu construire cette dynamique collective qu’est la Fédération Norlink.

Celle-ci a, dès lors, su s’adapter pour répondre aux besoins de l’ensemble de ses adhérents. D’autres composantes, d’autres métiers pourraient s’affirmer au sein de ce dispositif. Je pense tout particulièrement aux clients des trans- ports et des ports… Et lorsque je parle de clients, cela ne signifie pas uniquement les chargeurs. Je pense à l’ensemble des entités générant et organisant les flux : chargeurs, commissionnaires de transports, opérateurs de transport maritime, etc. Tous ces acteurs devront davantage s’inscrire dans Norlink… et c’est peut- être cela l’élément central de Norlink 2, à savoir une Fédération d’acteurs tourné vers le client.

Abonnez-vous à CANAL NPI.

Rejoignez les 4000 acteurs professionnels abonnés à Canal NPI et recevez chaque semaine nos derniers articles.

NE MANQUEZ RIEN DE L’ACTUALITÉ
INSCRIVEZ-VOUS DÈS MAINTENANT À LA NEWSLETTER CANAL NPI

Restez connectés à l'actualité

LES DERNIERS ARTICLES