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Entretien avec le directeur général de CFNR Transport SAS qui revient sur les évolutions de l’entreprise depuis juillet 2015 et les priorités pour l’avenir.

NPI : rappelez-nous les événements qui ont conduit à CFNR Transport SAS aujourd’hui ?

Jean-Marc Thomas : L’actionnaire de la CFNR, Atic Services, a décidé de cesser les activités au 30 juin 2015. Une reprise de certaines des activités de la CFNR et du fond de commerce par le groupe Rhenus s’est organisée pour l’affrètement de fret fluvial et la filiale danubienne (CFND). Une partie des activités dans les ports intérieurs a été conservée par Atic Services qui en a cédée d’autres à Rhenus. La structure juridique qui a repris le 1er juillet 2015 une grande partie des activités de la CFNR cédés par Atic Services a été Rhenus Transport SAS. Puis cette structure a été rebaptisée en CFNR Transport SAS. Il y a eu 18 mois intense de travail pour réussir l’intégration des activités de la CFNR au sein du groupe Rhenus. Les activités transférées de la CFNR représentaient 3 fois les activités de Rhenus en France.

NPI : quelle est l’importance de l’acronyme CFNR ?

Jean-Marc Thomas : CFNR est un acronyme connu et reconnu, un nom avec une valeur forte. Le pari fait en changeant la marque Rhenus pour CFNR avait pour objectif de donner un signal à la clientèle sur la pérennité des activités. Tous les clients sont restés dans la nouvelle structure. La quasi-totalité du personnel est resté également. Cela a permis une mise en avant de la continuité du savoir-faire et des activités. L’avenir de CFNR Transport SAS se profilait avec des bases solides.

NPI : quels ont été les éléments marquants des 18 mois suivants la reprise des activités de la CFNR par Rhenus le 1er juillet 2015 ?

Jean-Marc Thomas : Nous étions très orienté sur l’affrètement fluvial. Nous avons aussi continué les activités « armateur » repris de CFNR SA avec alors deux convois que nous exploitons en direct et non pas en affrètement. Aujourd’hui, nous en avons 3. Sur des contrats industriels bien précis en termes de conditions, volumes, durée, cela constitue un plus pour CFNR Transports SAS

En janvier 2016, nous avons repris l’activité manutention d’Uckange ; en mars, nous avons racheté les parts qu’Atic Services avait conservés dans TFMN. En avril 2016, l’agence fluviale de Sens a été créée avec l’objectif d’être présent sur l’Yonne, la Seine et l’Oise comme affréteur. Elle a désormais aussi une activité armateur avec un convoi qui vient du Danube et doté de deux équipes de 3 navigants en régime alterné. Toute au long des 18 mois entre la reprise en juillet 2015 et fin 2016, nous avons bénéficié du soutien sans faille du groupe Rhenus au projet de CFNR Transport SAS qui repose sur une logique d’équilibre entre affrètement, armement, logistique, ports tout en contenant les frais de structure. Rhenus est un groupe dirigé par les membres d’une famille qui ont un esprit d’entrepreneurs. Vu du groupe Rhenus, CFNR Transport SAS doit conforter ses activités fluviales et logistiques.

NPI : nous voilà en 2017, quelles ont été les actions menées cette année-là et en 2018 ?

Jean-Marc Thomas : Nous avons conduit une restructuration du réseau d’agences avec l’objectif de créer une logique par bassins français et européens. Nous avons fait le maximum pour les salariés concernés. Les efforts ont aussi porté sur la réduction des frais de structure et l’externalisation des fonctions supports mais en conservant les expertises.

Les activités de l’agence de Strasbourg ont été transférées à Kehl. Celles de Thionville à Uckange. L’agence de Reims a été fermée car nous sommes présent à Sens par laquelle nous sommes présents sur l’Yonne, la Seine, l’Oise, le canal Saint Denis. Avec Dunkerque, à vocation industrielle, c’est l’Escaut et l’ouverture vers la Belgique A Uckange, la Moselle et la Sarre. A Kehl, le Rhin supérieur, la Suisse, le Main et le Neckar. Nous avons aussi conservé nos activités à Anvers, sous CFNR Antwerpen N.V.

En étant présent sur plusieurs bassins, nous pouvons répondre à toutes les demandes de chargeurs. Cela permet aussi de diminuer les risques, compte tenu qu’il y a rarement le même niveau d’activité sur tous les bassins. Aujourd’hui, CFNR Transport SAS constitue un ensemble cohérent capable de répondre aux demandes de ses clients.

NPI : quelles sont les priorités pour 2019 ?

Jean-Marc Thomas : Notre chiffre d’affaires a atteint 50 M€ en 2018. Nous transportons en moyenne 7 à 7,5 Mt par an. 2019 et 2020 seront pour CNFR Transport SAS deux années de consolidation des acquis, de la nouvelle structuration des agences et de l’organisation. Nous veillerons à toute opportunité de croissance externe sur le Rhône ou le bassin séquanien.

En 2019-2020, nous allons chercher des compétences en externe pour mieux répondre aux besoins des chargeurs, notamment dans le domaine de la digitalisation, de l’intermodalité, du commercial, des douanes. Nous cherchons des profils jeunes, agiles.

NPI : CFNR Transport SAS a été choisi par le SMO pour la reprise de la concession pour 2 ans des Ports de Moselle. Comment cela s’est-il passé ?

Jean-Marc Thomas : Nous avons déjà des activités dans les ports intérieurs. Depuis janvier 2016, nous disposons de 6 ha à Thionville-Uckange. Depuis 2002, nous avons la gestion de Nancy-Port. Depuis 2018, nous disposons d’un quai à Bruyères-sur-Oise dans le cadre d’une COT pour un contrat industriel.

Dans le contexte de l’évolution de la gouvernance des ports intérieurs, la CCI de Moselle ne souhaitait pas renouveler la concession arrivant à échéance le 31 décembre 2018. Le SMO a lancé une procédure d’appel d’offres pour une concession de deux ans pour les Ports de Moselle qui a été menée par VNF. Il y a eu 3 candidats et c’est CFNR Transport SAS qui a été choisi. Notre capacité financière avec le groupe Rhenus a été déterminante dans le choix du SMO. L’appel d’offres a comporté plusieurs aspects : la gestion du domaine public, des occupants et des amodiations, de la plate-forme à conteneurs de Metz. Nous avons repris 6 des 7 salariés qui sont donc pleinement opérationnels dans leurs fonctions. Le modèle économique est d’être au plus près d’une notion de service public et d’utiliser les synergies possibles au sein de CFNR Transport SAS pour des économies d’échelle. C’est la raison pour laquelle nous avons créé un établissement secondaire CFNR Concession à Metz qui rassemble tout le fonctionnement des 3 ports. Cela permet un suivi transparent de l’activité. Et le SMO peut disposer d’informations plus facilement.

NPI : quelle est la stratégie de CFNR Transports SAS en se lançant dans cette reprise de concession ?

Jean-Marc Thomas : Notre objectif est d’être un acteur de la constitution de la future Semop. Nous voulons être un acteur du nouveau système de gouvernance des ports intérieurs qui est en cours de mise en place. La concession des Ports de Moselle nous permet de voir la situation de l’intérieur car pour le moment, le modèle est nouveau. Nous voulons être acteur avec nos compétences, notre modèle économique. Et il fallait proposer, dans cette phase de transition, un modèle économique où tout est traçable et transparent, une gouvernance qui respecte les intérêts de tout le monde et les investissements de tous. Il s’agit de donner les moyens au SMO, à la région, aux collectivités de bien préparer la Semop.

L’ambition du SMO est de construire une Semop pour les 9 ports de la Moselle. Une gouvernance pour l’ensemble des 9 ports peut se mettre en place de manière intelligente. La Moselle est une voie d’eau majeure. C’est un défi, un risque mais nous voulons être une partie prenante. Il n’y a pas lieu à opposer les ports privés aux ports publics. Tout comme à l’heure de l’intermodalité, il ne faut plus opposer le fluvial et le ferroviaire. 

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