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Les avis de marché de la section transfrontalière de la liaison ferroviaire Lyon-Turin ont été publiés, avec l’accord du gouvernement italien au sein duquel ce projet constitue pourtant depuis des mois un sujet de discorde. Le point sur les dernières péripéties qui ont débouché sur ce dernier événement.

Depuis des mois, le projet de liaison ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin, qui comprend le percement d’un nouveau tunnel sous les Alpes et dont le coût atteint 8,6 Md€ pour la seule partie transfrontalière, empoisonne les relations entre les deux formations politiques au pouvoir en Italie. L’un des vice-présidents du conseil, le chef du Mouvement cinq étoiles Luigi Di Maio, y est fermement opposé. L’autre vice-président du conseil, le chef de la Ligue du Nord Matteo Salvini, est un partisan convaincu du projet. À chaque déclaration de l’un ou de l’autre parti, la France réaffirme son attachement au respect des engagements internationaux, les deux États ayant, en 2015, signé un accord de financement conjoint du projet et confié sa réalisation à la société Tunnel Euralpin Lyon Turin (TELT), propriété pour moitié de la France et de l’Italie.

Le 6 mars 2019, le président du conseil italien, Giuseppe Conte, a fait part de sa volonté de rediscuter intégralement le projet, remettant en cause non seulement la clé de répartition du financement, qui pèse, selon lui, davantage sur l’Italie, mais aussi la pertinence même de l’ouvrage. Réaction dès le 7 mars du gouvernement français, en l’occurrence la ministre des transports Élisabeth Borne : « La France est pour sa part convaincue de la pertinence de ce projet majeur pour les échanges entre nos deux pays et pour l’Europe. Porté depuis plusieurs décennies par la France et l’Italie, le projet Lyon-Turin fait l’objet d’un traité bilatéral ratifié en 2017, et bénéficie d’un financement européen à hauteur de 40% pour la réalisation du tunnel transfrontalier. La France réaffirme son attachement au respect des engagements pris et des délais de réalisation. La France a toujours respecté le souhait du gouvernement italien de conduire une réflexion sur ce projet, et se tient naturellement ouverte à une discussion entre partenaires. Durant cette phase de discussion, la France est favorable au lancement, à l’occasion du prochain conseil d’administration de TELT, des avis d’appels à candidature nécessaires à la poursuite du chantier. Cela permettra de respecter le temps de réflexion souhaité par l’Italie tout en préservant les financements européens. »

Du temps laissé à l’Italie et préserver les financements européens

C’est cette voie qui a été suivie : lors de sa réunion du 11 mars 2019, le conseil d’administration de TELT « a décidé de donner suite aux procédures d’appel d’offres relatives aux travaux en France pour le tunnel de base pour un montant estimé à 2,3 Md€, en tenant compte des indications reçues par les deux États. » C’est-à-dire que les avis de marché ont été publiés, avec l’aval du gouvernement italien, mais avec une mention permettant d’interrompre la procédure à chaque étape. Par ailleurs, TELT s’engage à « vérifier les volontés des deux gouvernements, au terme de la sélection des candidatures, avant de procéder à l’envoi des cahiers des charges aux entreprises ». L’Union européenne avait annoncé, le 19 février 2019, qu’à défaut de publication « imminente » des avis de marché, le financement européen prévu serait réduit de 30 %.

À ce jour, 2,5 Md€ ont déjà été engagés pour la réalisation de la section transfrontalière, dont 1,2 Md€ déjà dépensés pour les études et projets. La section transfrontalière, longue au total de 65 km, prévoit 57,5 km de tunnels. De nombreux tunnels de reconnaissance ont déjà été creusés, préfigurant le futur ouvrage qui doit théoriquement entrer en service en 2030.

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