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Le groupe Soufflet a accueilli Elisabeth Borne, ministre chargée des Transports, en déplacement dans l’Aube le 22 février 2019. L’occasion de parler de la mise au grand gabarit de la Seine entre Bray et Nogent dont la réalisation est désormais programmée entre 2028-2032. Il a aussi été question du fret ferroviaire et des attentes fortes d’amélioration de la situation notamment concernant les lignes capillaires.

Dans le contexte de l’examen du projet de loi d’orientation des mobilités programmé en mars 2019 à l’Assemblée nationale, Elisabeth Borne, ministre chargée des Transports, est venue dans l’Aube, le 22 février. Le groupe Soufflet a accueilli la ministre pour une visite de ses installations portuaires à Nogent-sur-Seine et un échange sur les enjeux de logistique fluviale et ferroviaire pour la région.

Parmi ceux-ci, figure la mise au grand gabarit de la Seine entre Nogent et Bray, un projet dont la réalisation se profile désormais à l’horizon 2028-2032, selon la présentation de Thierry Guimbaud, directeur général de Voies navigables de France (VNF). L’enquête publique devrait se dérouler en 2020 puis suivront toutes les étapes de la procédure pour un tel projet et des travaux d’une durée de 4 ans. Le coût du projet est actuellement évalué à 300 M€. « Au-delà de cette liaison, il faut aussi une Seine et des ouvrages en aval et en amont robustes et efficaces, a indiqué Thierry Guimbaud. Un programme de travaux est en cours pour cela ». Il a annoncé la signature prochaine d’un partenariat entre VNF et SNCF Réseau pour « la résilience des modes lourds ».

Lionel Le Maire, directeur transports du groupe Soufflet, a rappelé que « Bray-Nogent est un projet nécessaire pour gagner en compétitivité économique dans le Grand-Est et pour les filières céréalière et agroalimentaire. Il constitue une alternative durable au transport routier ». Le gain de compétitivité serait de 15 à 20 % à la tonne transportée. Pour lui, l’échéance 2028-2032 est trop lointaine. Une analyse partagée par François Barouin, maire de Troyes : « On peut faire sans doute plus vite. Il en va du développement et de la pérennité des entreprises installées dans la région ». Cet élu, également président de l’association des maires de France et d’autres participants à la table ronde ont rappelé que ce projet, « on en parle depuis 25 ou 30 ans »… sans jamais rien voir se concrétiser. Il en va de même pour l’amélioration/électrification de la ligne ferroviaire Paris-Troyes.

Elisabeth Borne a répondu : « J’entends l’agacement voire la colère devant des promesses non tenues depuis si longtemps. J’ai décidé de faire de la mise au grand gabarit entre Nogent et Bray une priorité. La première étape est l’enquête publique qui doit bien avoir lieu en 2020. Viendra ensuite le plan de financement pour la réalisation du projet. Nous irons chercher des financements européens ».

Redonner la priorité au fluvial et au ferroviaire

L’échange s’est poursuivi, Lionel Le Maire soulignant l’importance de la massification des flux, facteur-clé du renforcement de la compétitivité des filières céréalières françaises et de leur valorisation à l’export. Concernant le fluvial, il a pointé une cale vieillissante, les réglementations comme EMNR pour lesquels les financements ne sont pas aux rendez-vous, la nécessité de maintenir les budgets pour l’entretien du réseau fluvial, d’apporter un soutien à la batellerie et à la profession fluviale.

Concernant le ferroviaire, il a mis en avant l’état dégradé des lignes capillaires fret et la mise à contribution toujours plus élevée des chargeurs, le besoin de sillons en quantité et en qualité pour le fret aux heures de pointe comme aux autres.

« Nous appelons à une nouvelle approche pour le fret en (re)donnant la priorité aux modes ferroviaire et fluvial », a poursuivi Lionel Le Maire. Cela passe par la mise en place d’une coopération entre VNF et SNCF Réseau sur l’axe Seine afin de proposer des solutions pertinentes en cas d’indisponibilité du réseau fluvial ou ferroviaire. Cela concerne le rail avec Ia priorisation des trains de céréales lors de la période de la moisson, dans le contexte de pénurie de chauffeurs de poids lourds et de concurrence des projets du Grand Paris. Il a aussi évoqué le manque de compétitivité à Rouen où le chargement des Panamax est limité. Au Havre, « nous attendons avec impatience la chatière » pour accéder directement par barge à Port 2000 depuis la Seine par tous les temps.

D’autres acteurs économiques ont pris la parole comme le groupe Vivescia qui, au fil des années, utilise de moins en moins le fluvial et le ferroviaire. Son représentant a présenté des demandes pour permettre à ce groupe d’augmenter la part de ces deux modes dans ses livraisons : améliorer la disponibilité des voies fluviales pour la Seine, la Meuse et la Moselle, à défaut d’augmenter les gabarits, sélectionner les voies capillaires d’intérêt régional et financer les coûts d’accès pour rétablir l’équité économique avec le transport routier.

Pour le groupe Avril (Lesieur, entre autres), « l’accès trimodal est très important pour notre dispositif industriel et agro-alimentaire. Nous avons besoin de Bray-Nogent à grand gabarit pour diminuer nos coûts logistiques ». Comme demande par le groupe Avril : « Nous voudrions pouvoir faire transporter le carburant B100 par le ferroviaire et le fluvial comme cela est déjà possible par la route. Nous souhaitons aussi expérimenter ce nouveau carburant qui pourrait trouver sa place pour remplacer le gazole non routier ».

En réponse Elisabeth Borne a relevé : « Les enjeux logistiques sont sous-estimés dans notre pays. C’est la raison pour laquelle nous venons de lancer une mission pour identifier les voies d’amélioration de la compétitivité de la chaîne logistique en France à deux chefs d’entreprises du secteur. La mission se concentrera particulièrement sur les flux logistiques en concurrence internationale et alimentera également la stratégie nationale portuaire, en cours d’élaboration. La mission rendra un plan d’action concerté avec les différents acteurs publics ou privés du secteur avant fin mai 2019 ». Elle a aussi rappelé la mission de préfiguration sur l’intégration des trois ports de l’axe Seine en créant un établissement public portuaire unique de la Seine, regroupant le port autonome de Paris et les grands ports maritimes du Havre et de Rouen, d’ici le 1er janvier 2021. Elle a mis en avant l’objectif de la programmation du financement des infrastructures, un des volets du projet de loi d’orientation des mobilités, qui donne la priorité à l’entretien et à la rénovation des réseaux routiers, ferroviaires et fluviaux.

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