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Même si la navigation intérieure reste relativement limitée en matière de débouchés, les grands constructeurs de moteurs semblent désormais résolument tourner le regard vers ce marché de niche. Cela pourrait apporter une réponse à l’absence actuelle de moteurs répondant aux exigences du règlement EMNR.

A l’instigation de plusieurs organisations fluviales, une réunion consacrée au réglement EMNR (engins mobiles non routiers) et aux solutions de motorisation possibles ou disponibles s’est tenue le 7 mai 2019 à la foire professionnelle « Maritime Industry » à Gorinchem, près de Rotterdam.

Peter Snijders de Pon Power, le distributeur de Caterpillar aux Pays-Bas, a annoncé à cette occasion que le groupe américain va développer pour le transport fluvial des moteurs répondant aux nouvelles normes européennes (UE Phase V). Ces « solutions nouvelles » devraient être disponibles dès 2020 pour des motorisations allant jusqu’à 1 350 kW.

Pour satisfaire à ce que Peter Snijders a appelé « la législation la plus sévère au monde », Caterpillar s’appuiera sur l’expertise acquise dans la mise au point de moteurs pour le marché américain (normes EPA T4) et pour le transport maritime (IMO III), ainsi que sur son expérience en matière de techniques de post-traitement, qui sont indispensables pour rester en-deça des nouvelles limites en matière d’émissions. « Traduire ce savoir-faire vers la norme européenne ne demande qu’un petit pas », a assuré le responsable de Pon Power.

Le but est de mettre sur le marché des produits certifiés en sortie d’usine par le motoriste. Il a regretté à ce sujet que l’Europe réclame une certification séparée de systèmes déjà approuvés aux Etats-Unis.

Le fluvial commence à intéresser

Dans les échanges qui ont suivi l’intervention de Peter Snijders, plusieurs autres noms de grands motoristes intéressés par le marché du fluvial ont été cités. Parmi eux figurent Volvo, Wärtsilä, Scania et MAN. La présence de constructeurs de poids lourds sur cette liste n’a rien d’un hasard. La société néerlandaise Vink Diesel, par exemple, propose désormais à la navigation intérieure des motorisations basées sur des moteurs pour poids lourds Paccar DAF de type Euro VI. Ces moteurs routiers conformes à la norme Euro VI peuvent être utilisés comme moteur de bateau avec des adaptations (« marinisation », voir encadré)

Selon un observateur, l’entrée sur le marché d’acteurs de cette taille ne signifie pas nécessairement qu’il n’y aura plus place pour des constructeurs de moteurs plus spécialisés et davantage axés sur la navigation intérieure.

EMNR : se tourner vers les solutions disponibles


Concernant un report des dates d’application du règlement EMNR, l’European Barge Union (EBU), Union européenne de la navigation fluviale en français, a présenté une demande au sein de Naïades II. La délégation française a, quant à elle, porté une démarche auprès du CESNI début mars 2019.

« Il faut compter 2 ans et demi à 3 ans pour réviser un règlement européen, rappelle Thomas Thiebaut, chargé des performances environnementales du transport fluvial au ministère de la transition écologique et solidaire. Et cela comprend notamment des consultations de parties prenantes qui pourraient présenter des positions défavorables à un report des dates. Des motoristes, par exemple, pourraient s’y opposer car il semble que certains d’entre eux avancent sur des solutions de moteurs conformes au règlement EMNR ».

Autrement dit, il ne faut pas compter sur une évolution réglementaire mais se tourner vers les solutions disponibles actuellement. Il y a notamment les moteurs de catégorie générique « NRE » (Non Road Engine) pour des puissances inférieures à 500 kW, ou bien des moteurs routiers conformes à la norme Euro VI qui peuvent être utilisés comme moteur de bateau avec des adaptations (« marinisation »). Autre solution, les moteurs dit « de transition », qui respectent les précédentes réglementations (CCNR II ou Euro phase IIIA, IIIB ou IV), et qui peuvent également être installés, selon les puissances considérées :

– Jusqu’au 31 décembre 2020 ou 2021,

– Sur des bateaux construits au plus tard au 30 juin 2020 ou 2021,

– A condition qu’ils aient été fabriqués avant le 31 décembre 2018 (pour les moteurs inférieurs à 300 kW) ou avant le 31 décembre 2019 (pour les moteurs supérieurs à 300 kW).

Enfin, les nouvelles motorisations qui fonctionnent avec des énergies alternatives comme l’électricité, l’hydrogène, etc., et non plus les moteurs thermiques, permettent également de respecter les exigences du règlement EMNR.

Le ministère de la transition écologique et solidaire a publié sur son site Internet des fiches d’information à ce sujet : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/securite-du-transport-fluvial-regles-techniques-et-police-navigation-interieure#e3.

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