Des points de soutage encore bien répartis aux Pays-Bas

Tour d’horizon des solutions de soutage aux Pays-Bas, pays qui présente le réseau le plus dense en Europe pour la distribution de carburant pour la navigation intérieure, mais aussi les prix les plus bas.

Présence de terminaux maritimes pour l’importation de pétrole, proximité des raffineries et trafic fluvial dense font de Rotterdam la plaque tournante de l’approvisionnement en carburant pour tous les bateaux de navigation intérieure aux Pays-Bas… mais aussi pour une bonne partie du Rhin et de ses affluents. Côté maritime, « Rotterdam est fière d’offrir les prix de soute les plus bas au monde, tant pour le fioul que pour le gazole marin, et reste fermement ancrée dans sa position parmi les trois premiers ports de soutage du monde. De nombreux porte-conteneurs planifient leur ravitaillement en carburant à Rotterdam pour tout leur voyage aller-retour Europe-Asie-Europe », indique l’association Nove, qui regroupe les distributeurs néerlandais de carburant. Dans le seul port de Rotterdam, les navires maritimes se voient ainsi livrer chaque année 14 Mt de fioul et 400 000 t de gazole marin.

Sans dévoiler de chiffre équivalent pour la navigation intérieure, Nove recense 30 entreprises actives dans le soutage à destination de la navigation intérieure et de la pêche, qui exploitent 100 bateaux avitailleurs et 30 stations-service, le plus souvent à bord de barges-citernes amarrées dans des ports. Dans ces stations de soutage, les bateliers peuvent aussi trouver toute une palette de produits et de services annexes : huile, liquide de refroidissement, gaz, additif Ad-Blue, outils, peintures, analyse de l’eau, distribution de courrier… La collecte des huiles usagées, en revanche, n’est pas autorisée par les stations de soutage, afin d’éviter toute distorsion de concurrence. Quant aux bateaux-citernes avitailleurs, très utiles pour les plus gros pousseurs ou les bateaux transportant des marchandises dangereuses qui ne peuvent accéder aux stations de soutage, ils peuvent avitailler le bateau pendant sa navigation. Les deux bateaux réduisent leur vitesse pendant la durée des opérations. Cette prestation n’occasionne pas de supplément de tarif, sous réserve de l’achat d’une certaine quantité de carburant.

Les bateliers du Rhin privilégient les Pays-Bas

« La partie Ouest des Pays-Bas, et particulièrement les environs de Rotterdam, est la région où les possibilités de soutage sont les plus nombreuses, souligne Michael Zevenbergen, de l’association CBRB qui représente les bateliers néerlandais. Il y en a moins en Allemagne, et les prix y sont plus élevés. C’est pourquoi les bateliers préfèrent généralement souter aux Pays-Bas avant de naviguer vers l’Allemagne, la Suisse ou la France. »

« À proximité des ports de mer d’Anvers et de Rotterdam se trouve la plus grande concentration de possibilités de soutage. Et aussi les meilleurs prix », confirme Marco Zwaap, de l’armement fluvial Danser. Les 70 barges et automoteurs exploités par ce leader européen du transport fluvial de conteneurs privilégient donc le port de Rotterdam pour leur approvisionnement en carburant, mais peuvent aussi souter ailleurs sur le Rhin, en particulier à Bâle pour ceux qui remontent jusqu’au Rhin supérieur. Danser a été le premier armement sur le Rhin à utiliser le gaz naturel liquéfié (GNL) comme carburant pour un de ses bateaux. Le convoi automoteur-barge Eiger Nordwand, qui navigue au GNL depuis 2014, est ravitaillé uniquement par camion-citerne, le plus souvent à Rotterdam. C’est le cas également pour les huit autres unités de grand gabarit fonctionnant au GNL sur le Rhin.

Le soutage prend une importance considérable quand on considère la part du prix du carburant dans les dépenses d’exploitation d’un bateau. « Environ un tiers du coût d’exploitation total d’un bateau concerne le carburant, avec des variations en fonction du type de bateau et de la navigation effectuée », indique Marco Zwaap. Un chiffre revu à la baisse par Louis Keur, de la coopérative néerlandaise ELV, pour qui le soutage représente « environ 15 à 20 % du budget d’un batelier, en fonction évidemment du prix du carburant. ». Pour les bateliers adhérents à ELV, qui naviguent principalement à bord de péniche de petit gabarit, tant aux Pays-Bas qu’en Belgique et en France, « de plus en plus de stations de soutage ferment dans ces trois pays. Cela semble inquiétant à long terme. Aux Pays-Bas, les points de soutage sont encore bien répartis ; c'est déjà moins le cas en Belgique, et il en manque à des points stratégiques en France ».

Pourtant, explique Louis Keur, les Pays-Bas sont mieux armés que d’autres pays, et en particulier que la France, pour résister à la fermeture de stations de soutage : « Aux Pays-Bas, en plus des postes de soutage, nous avons la possibilité de nous ravitailler avec des camions-citernes presque partout dans le pays, sans que des taxes d'accise supplémentaires ne soient perçus. Cela fonctionne incroyablement bien car ces camions-citernes peuvent également être utilisés pour le soutage dans des espaces extérieurs sans avoir besoin d'un poste dédié. Un mode d’approvisionnement tout aussi intéressant pour le batelier qu’un poste de soutage régulier, car aucun droit d'accise supplémentaire n'est perçu sur les camions-citernes. En conséquence, les Pays-Bas seraient mieux en mesure de continuer avec moins de stations de bunker. Mais la France me semble parfaitement apte à optimiser ce système de livraisons par camions-citernes sans droits d'accises supplémentaires ».

Reinplus Fiwado est un des plus gros fournisseurs de carburant aux bateaux du Rhin, avec des stations d’avitaillement et des bateaux-citernes répartis tout le long du fleuve et dans les principaux ports : neuf aux Pays-Bas et cinq en Allemagne. Selon Arjen van Woerden, dirigeant de cette société rachetée il y a deux ans par le groupe Varo au pétrolier Total, « Les Pays-Bas, grâce à la mer du Nord, à ses bonnes connexions terrestres et à ses nombreuses voies d’eau, est la porte d’entrée pour l’hinterland européen. Le soutage aux Pays-Bas est plutôt apprécié, car les prix y sont moins élevés qu’en Allemagne. Quant à la Belgique, ce n’est pas un marché très important pour le soutage ».

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